[VIVEROCHE] – Le carnet de Monnier – Chapitre 6

J’ai fait un cauchemar cette nuit.

J’étais dans la maison de mon enfance, dans ma chambre d’ado. Il faisait nuit. J’ai descendu les marches pour aller au salon. Dans la pièce il y avait ma mère assise seule sur un canapé. En face, sur des fauteuils, se trouvaient Madame Blondin, Sylvie et Petra. Toutes les quatre étaient figées, comme des mannequins dans une vitrine. Le teint cireux. L’ambiance était brumeuse. Une lumière spectrale flottait dans l’air. Dehors, le paysage était plein de grain, les couleurs criardes, comme mes souvenirs en super 8. Aucuns sons. Je me suis dirigé d’un pas lent vers la cuisine et j’ai pris une bouteille de vin. Elle était vide, légère, j’ai encore la sensation de la tenir dans ma main. Les quatre figure de cire ont tournées la tête, au même moment, pour me regarder. Me fixer. Aucune expression dans leurs yeux. Comme si leur âme avait été volée par une créature de la nuit. J’ai fait quelques pas, pour aller de la cuisine au salon. Elles me fixaient toujours, me suivaient du regard, me sondaient, un néant abyssal piégé dans leurs orbites. Je me suis posté devant Madame Blondin, Sylvie et Petra. J’ai pris la bouteille par le goulot, lentement, avec précision. Mon bras s’est levé dans un mouvement léger, silencieux puis s’est abattu violemment sur les trois femmes. La bouteille se brisa et se reforma, à chaque coup. Mais les crânes étaient percés. Du sang coulait. J’ai reposé mon arme sur la table. Et je me suis penché, doucement, jusqu’à me retrouver à quatre pattes au dessus de cette marre d’un rouge surnaturel. J’ai tiré la langue pour laper le sang, comme un chien. Je me souviens du goût de fer. Puis ma mère m’a appelé. Je me suis retourné et elle parlait de plus en plus fort. « Pourquoi est-ce que tu as fait ça Michel ? ». J’avais beau lui dire que j’étais Louis, elle n’arrêtait pas de répéter la même phrase. Et les trois cadavres firent de même. De plus en plus fort, jusqu’à hurler. Je me suis réveillé effrayé, en sueur, la gorge en feu et des larmes sur les joues. Michel était le nom de mon père.

Je pense beaucoup à ma mère ce matin. Est-ce que je devrais aller la voir au cimetière ? Redescendre au village mettrait ma mission en péril… Quel fils indigne… Je ne me souviens même pas de la dernière fois où j’ai déposé des fleurs sur sa tombe…

Dans tout ce merdier, je ne crois qu’une une seule chose. Petra avait dit que les zones sombres d’Agartha étaient très actives depuis que nous avions commencé à faire des voyages avec Fred. Et si finalement elle avait raison ? Et si tout ceci était à cause de nous ? Je suis persuadé que le mal qui ronge la dimension cachée est dû aux événements négatifs de Viveroche. Je ne sais pas encore comment, mais je suis sûr qu’en me rendant dans ces territoires interdits, je pourrais soigner le village de ses maux. Et me soigner moi. Car malheureusement, je fais partie du problème.

J’ai grelotté toute la nuit, mes membres sont gelés. Toutes mes affaires sont prêtes pour mon expédition. Fusil, armé. Chaussures, check. Cache col, check. Couteau, check. Lunettes de protection, lampe frontale, gourde, check. Je rallume juste un feu pour éviter que mon corps ne prenne froid en restant ici, tandis que je serai de l’autre côté, à Agartha.

Mes écouteurs diffusent « La bombe humaine » de Téléphone, et la chanson camoufle tout juste l’inquiétude qui s’immisce en moi. Je suis sur le seuil, mon cœur bat à tout rompre. J’ai l’impression de faire le grand saut pour la première fois. Des picotements dans les doigts deviennent des fourmis. Je tremble. Un dernier coup d’oeil à cette photo de maman et moi, vestige de mon innocence perdue. Une dernière inspiration. Puis le son du diapason.

Arrêt n°1 :

Je fais une pause pour décrire ma progression. En arrivant à Agartha, j’ai tout de suite amorcé mon périple. Tout cela nécessitait de faire un détour pour éviter les villes. Qui sait comment le Roi aurait pu réagir s’il avait vu que je me dirigeais vers les territoires interdits ? Après une bonne heure de marche, j’ai pu admirer mon endroit préféré dans la dimension cachée. Avec Fred, on l’avait baptisée La Herse. C’est une enfilade d’immense colonnes hautes d’une trentaine de mètres de haut, assez larges et le tout s’étend sur quelques kilomètres. Mais le plus beau reste ces fragments de cosmos qui traversent les colonnes à leur sommet. Comme si elles supportaient ou pointaient vers les fissures d’un autre espace temps. Dans ce décor irréel aux couleurs de polaroid, on a l’impression de marcher dans le désert, à l’ombre d’une aurore boréale. Venir ici, c’est sillonner le sol dont sont fait les mythes et les rêves. Déroutant.

C’est la première fois que je parcours les plaines d’Agartha sans personne pour m’accompagner. Et j’ai la sensation que l’air y est différent, inquiétant. Comme si le vent lui même me disait que je n’étais pas le bienvenu. Me revient en tête les dernières lignes de la chanson Far From Any Road :

Across the silent sand

And the wind will be my hands

A l’autre bout de La Herse, il y a une sorte de puits de la taille d’un lac, mais peu profond où tournoie perpétuellement une mélasse pourpre translucide. On a jamais su ce que c’était. En continuant vers le Nord, le sable se change en terre argileuse, le temps est nuageux. J’ai escaladé des petites collines à la végétation orange brique clairsemée pour arriver aux abords de la zone sombre. Le sol est rongé par les spores ici et le vent souffle énormément. En s’enfonçant à l’intérieur, la terre se change en gravier couleur rouille d’où surgissent des champignons en formes d’os de tibia. Je vais sûrement avoir besoin de mettre mon cache col et mes lunettes pour avancer car il y a l’air d’avoir des tempêtes de poussière. Pour couronner le tout, un troupeau de bestioles monstrueuses qui ressemblent à des crabes à tête de crapauds viennent de passer pas très loin de moi, sans me voir. Le terrain est définitivement hostile. Et si tout ça était juste un prolongement de mon cauchemar ? Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre à l’intérieur. Je ne suis plus sûr que ça soit une bonne idée d’y aller mais bon… J’y suis alors autant tout tenter.

Arrêt n°2 :

Le territoire interdit n’a rien à voir avec le reste d’Agartha. Ici, pas de végétation luxuriante ou d’animaux élégants. Seulement des champignons et des créatures cauchemardesque. Je regrette déjà les crabes. J’ai par exemple croisé un animal qui pouvait ressembler à un renard, mais dont le corps était recouvert ou fait de barbelés… Ma progression est lente à cause de la poussière qui fouette sans arrêt ces plaines désolées. J’écris ces mots, abrité derrière un rocher. A deux pas de moi, un arbre au tronc fin en forme d’immense chandelier émet, par ses branches visant le ciel, une épaisse fumée noire. Est-ce que la notion d’espoir est une seule fois arrivée jusqu’ici ? Si vous avez déjà écouté l’album The Effects of 333 des BRMC, vous pouvez avoir une idée de l’ambiance qui y règne. Et ce vent qui rend fou… Je vois des ruines au loin, allons voir ce que c’est.

Arrêt n°3 :

J’ai cru voir quelqu’un à travers cette purée de pois. Une silhouette, qui est passée lentement, à quelques mètres de moi. J’ai appelé tant bien que mal mais le sifflement métallique du vent a couvert mes cris. Puis la silhouette a disparue. Est-ce que je deviens fou ?

En marchant vers les ruines, je suis sortie de la tempête, d’un seul coup. Comme si la poussière était retenue par une membrane invisible. Tout cette agitation n’est plus qu’un murmure derrière cette frontière. Il y a une plage à l’horizon brumeux. Impossible de savoir si c’est un lac ou une mer qui s’étend à l’infini. Le liquide me semblait être de l’eau. Mais une intuition me disait que je ne devais pas m’y risquer. J’ai enlevé un de mes gants, pour me ronger les ongles et lancer les rognures pour voir ce qu’il se passerait. Tout a été dissout en moins de 10 secondes dans un bruit strident. Définitivement pas de l’eau.

La plage est assez étroite, un bandeau fin entre la mer et les bâtiments. On dirait des maisons entassées les unes sur les autres, comme des sortes de HLM étranges dont je n’arrive même pas à voir le haut. Pas d’horizon, pas de ciel. J’ai l’impression que le monde n’existe plus au delà. Tout est gris ici, bizarrement monochrome. L’eau, le ciel, les bâtiments… Il y a une ouverture dans une des ruines. Un porche assez large. Tout a l’air très humide a l’intérieur. Des gouttes tombent du plafond. Je vais aller faire un tour à l’intérieur en essayant de ne pas me perdre parce que ça a l’air immense.

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Le bâtiment est un gigantesque labyrinthe. J’ai failli me perdre deux fois. Certains murs sont recouverts de mousse verte tirant sur le gris. Et ça pue la charogne là dedans… Après le porche j’ai continué tout droit, il y avait plusieurs couloirs. J’ai pris celui du milieu. Je suis tombé sur plusieurs salles avec du vieux carrelage crasseux, comme les anciennes cuisines de cantine ou des douches collectives. On dirait les bâtiments abandonnés de Tchernobyl. J’ai un goût de fer sur la langue. Le murmure du vent s’est presque tu. Ici, il n’y a que les « ploc » des gouttes d’eau qui tombent. La salle la plus troublante était celle recouverte de champignons rouges et où pendait une sorte de globe lumineux. Il émettait une lumière bleue qui tranchait complètement avec l’ambiance qui régnait ici. Le plus étrange était ce qui trônait sur le côté. Sur un banc, il y avait une statue d’un humanoïde à tête de vautour qui regardait vers le ciel. Les traits de cette idole étaient rudimentaires. Une silhouette. Impossible de savoir ce qu’elle faisait là. En continuant à arpenter les salles, j’ai trouvé des escaliers et je suis monté aux étages. Assez haut d’ailleurs. Quand j’ai enfin pu accéder à une fenêtre, enfin plutôt à un trou dans le mur, je ne voyais plus le sol… La brume s’était un peu épaissie. J’ai cru entendre des voix venant de la plage en bas, lointaines, spectrales. Sûrement le clapotis de cette « eau ». L’escalier continuait mais j’ai préféré redescendre. En allant à un étage que je n’avais pas visité, je suis tombé sur un couloir immensément long. J’ai fait un pas, puis deux, et tout au fond, j’ai entendu un téléphone sonné. Pas un vibreur ou une sonnerie moderne. Juste une vieille sonnerie de téléphone à cadran. Ca a duré longtemps, se répercutant en écho dans le couloir vide. J’ai retenu mon souffle puis le bruit s’est arrêté. J’ai préféré faire demi-tour, mon fusil en main, chargé.

Je suis retourné au porche et cette fois, j’ai choisi le couloir de droite. Il était long et tortueux, avec d’interminables virages en courbes, des escaliers pour monter et descendre. Impossible de savoir si j’étais au dessus ou en dessous du niveau de la mer. Puis j’ai débouché sur une immense salle, haute de plusieurs mètres. Avec une sorte de verrière. La pièce ressemblait à une salle des fêtes, mais comme si elle avait été étirée, maltraitée, tordue dans tous les sens. Des parois à géométrie fractale. Du lierre grimpant avait proliféré. Il y avait une couche épaisse de poussière au sol. Derrière la végétation, on pouvait discerner des fresques sur les murs. Des dessins noircis, comme fait au fusain. On voyait certains moment de l’histoire de Viveroche. Les invasions de l’armée suédoise, la famine, le village brûlé pendant la seconde guerre mondiale… Des dessins horribles. Effrayants. Tellement atroce que j’ai préféré sortir des ruines plutôt que d’aller explorer le troisième couloir. J’avais besoin d’air. Sauf qu’une fois dehors, je me sentais vulnérable, à découvert. Je pense que je vais dormir un peu. Toutes ces émotions m’ont exténuées. Je vais me mettre sous le porche et me faire tout petit.

C’était quoi ce bruit de téléphone ?

Arrêt n°3 (bis) :

Je ne sais pas combien de temps je me suis endormi, mais je me suis réveillé en hurlant. J’ai fait un nouveau cauchemar. Je ne peux pas le décrire ici. Trop, choquant. Trop… Et depuis que je suis debout, j’entends comme un ronronnement constant. Un bruit industriel qui tourne au ralenti… Dehors, le décor a changé. La brume est toujours là, mais la plage a changé de forme. Comme si je n’étais plus au même endroit… Est-ce que j’ai marché pendant mon sommeil ?

Arrêt n°4 :

Viveroche mériterait de cramer. Je vais acheter des bidons d’essence et en laisser dans chaque salon. Et puis je foutrai le feu. Après j’irai manger un gâteau au citron, sur la tombe de ma mère. Toutes ces maisons qui crament, de belles bougies d’anniversaire. Et des cris d’agonie en guise de chanson. Ou alors ou alors ou alors ou alors (illisible) alors en fait ou (illisible) hAAAAHahA Sinon de la mort au rat dans les plats de la kermesse. Tout le monde crève. Des cadavres dans les rues, ça serait beau ou alors ou alors ou algosr ou aogig au alour ou alors oou lhualors loyugh oauh aHHahaHA

Arrêt n°5 :

Est-ce que j’ai écrit tout ça ? Je n’en ai aucun souvenir. C’est bien mon écriture pourtant… Bordel je ne comprends plus rien. J’ai repris mon exploration mais je me suis retrouvé dans un désert au sable gris, entouré de brume. Encore et encore ce bruit… On dirait que ma peau vibre. Et j’ai l’impression de me perdre. Je ne retrouve plus la plaine balayée par le vent et la poussière… Où suis-je ?

Arrêt n°6 :

J’ai toujours pensé que j’étais un salaud.

C’est ancré en moi depuis tout petit. Un sentiment vorace. J’avais la sensation que le peu de bien que je faisais autour de moi était là pour camoufler le mal dont j’étais capable. Comme si je faisais tout ça pour moi, égoïstement, pour cacher au monde quel genre de personnes j’étais. Que je suis toujours… Est-ce que j’ai vraiment déjà été altruiste ? Je ne sais pas. Je porte un masque depuis tant d’années. C’est comme si j’étais un personnage de fiction, coincé entre des souvenirs recomposés et un avenir fantasmé.

Qui suis-je ? (ligne raturée)

Je crois que ça n’était pas une bonne idée de faire une pause pour dormir. Je n’arrive pas à retrouver mon chemin. Je suis perdu. Je tourne en rond depuis des heures. Je suis épuisé mais je refuse de dormir. J’ai peur que le décor change encore une fois. Je crois que je n’aurais jamais dû dormir. Je crois que je n’aurais jamais dû venir ici.

Arrêt n°7 :

Je me suis assis quelques instants pour me reposer et j’ai sombré dans le pays des songes… Dans ce rêve étrange, j’étais allongé dans mon lit de ma chambre d’ado. Mais ça n’était pas dans la maison familiale. Ma chambre était dans les ruines de la zone sombre. Les murs étaient en béton craquelé, les affiches à moitié déchirées, l’encre délavée. Par la fenêtre, je pouvais voir une tempête de poussière orange. Et puis ils sont arrivés. Mon père et mon grand père. Ils étaient nus dans mon rêve. Ca ne semblait pas les gêner, mais je détournais toujours le regard. Leur peau était recouverte de champignons luminescents qui vibraient. Mon père s’est assis à côté de moi sur mon lit. Il était immense, d’une tête de plus que moi. Dans ce rêve j’étais adulte, mais je le regardais comme si j’avais encore la taille d’un enfant. Puis il s’est penché et m’a dit à l’oreille « nous décidons du destin des ombres ». Il m’a ensuite regardé droit dans les yeux et mon grand père a posé sa main sur l’épaule de son fils. Ils avaient une expression étrange, entre sourire et grimace, les traits tendus. J’ai regardé vers les bas, et j’ai vu leurs ombres qui bougeaient alors qu’eux étaient immobiles. Les tâches sombres ont commencé à danser se mouvoir de plus en plus jusqu’à opérer un balais d’une danse quasi transcendantale. Puis elles se sont arrêtées et elles m’ont fixées. Les ombres. Bien sûr les ombres n’ont pas d’yeux mais je savais qu’elles me fixaient. Et finalement elles ont saisies la mienne à la gorge, mais je sentais leurs doigts sur ma peau. Puis je me suis réveillé.

Arrêt n°8 :

Je les ai vus. Mon père et mon grand-père. En continuant mon chemin dans ce désert, ils étaient là. Ils marchaient devant moi, lentement. Nus, comme dans mon rêve. Je les ai appelés, ils se sont retournés et j’ai senti que quelque chose clochait. Plus j’avançais vers eux, plus je voyais que leur corps n’était que sable. J’ai voulu toucher la joue de mon père, mais sa tête s’est effritée, et est tombée au sol… Et le bruit industriel a repris de plus belle. Pitié, faites que ça s’arrête. Je ne sais plus si je tremble ou si ma peau vibre vraiment. Pitié, stop. Je suis si seul ici. Pitié (illisible)

Arrêt n°9 :

Pourquoi ? Pourquoi est-ce que j’ai fait ça ? Pourquoi est-ce que j’ai mis les pieds ici ? Mon torse est recouvert de champignons. Ils ne sont pas sur ma peau, mais dessous. Je peux voir des racines sous mon épiderme…

VIVEROCHE ENTENDRA BIENTÔT LE SON !

Oh mon dieu, je viens d’écrire ça. Qui ? Quelque chose en moi. Ca ne va pas. Oh mon dieu, oh mon dieu, je vais vous faire du mal, je vais faire du mal à Viveroche. C’était une connerie de venir ici. J’écris et mes mains se recouvrent de spores. Ils viennent de sous ma peau. Ils vibrent. Ma main gauche… Des ongles longs. Non non non non non. Je suis désolé. Sylvie, maman, je suis désolé. Des griffes maintenant. Enlevez moi ça ! Le son hurle. Faites le taire. Je dois repartir. Ma peau brûle, je ne sais plus quoi faire. Trop fort, ça sature. Est-ce que c’est mon oreille qui vient de tomber ? Je suis désolé je suis désolé je suis désolé. MONNIER EST LE MAL. LE VIRUS. Stop sors de ma tête. VIVEROCHE VA PAYER. Oh mon dieu. Mon visage coule. Je m’excuse. Je m’excuse ! S’il vous plaît pardonnez moi.

POURQUOI VOUS N’AVEZ JAMAIS VOULU DE MOI ?

(Une griffure raye le reste de la page. Le journal se finit ici)
Monnier-2 001

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